HISTOIRE DE LA FONDATION VILLA DATRIS

Isle-sur-la-Sorgue

C’est en 1870 que deux frères, Léon et Eugène Geoffroy, firent construire une belle bâtisse, reliée par un bras de Sorgue à la maison d’enfance de René Char. Cette villa sera plus tard celle d’Albert Gassier, un des pères de la foire internationale des antiquaires de l’Isle-sur-la-Sorgue et qui créera « L’Isle aux brocantes ». C’est ici que Michel Biehn installera un temps ses étoffes.

En 2011, c’est cette maison-là que Danièle Kapel-Marcovici et Tristan Fourtine, amoureux des arts, ont décidé d’ouvrir à la sculpture contemporaine e­t à ses expressions multiples, pour en faire un lieu où l’on donne à voir et à découvrir. Sans peut-être vraiment le savoir, ils ont rassemblé un groupe d’amis autour d’une belle maison, pour donner naissance à un lieu de création, de rencontres, d’échanges, de culture, de rayonnement, faisant écho peut-être aussi au temps où René Char et ses amis se retrouvaient, ici, sous les collines sèches, à l’ombre de la Sorgue.

Elle était une maison de famille et elle s’est métamorphosée, pour accueillir des œuvres d’artistes sculpteurs contemporains. Les façades et les toitures furent rénovées. Les fenêtres remplacées. Les pièces vidées de leurs boiseries, puis débarrassées des tentures et autres tapisseries.
Et pourtant, tout ce tourbillon n’a jamais emporté la nécessité pour Danièle et Tristan de conserver l’âme de la maison. Les portes et leurs encadrements, marques de l’ouverture et du passage d’un espace à un autre, ont été conservés intacts. La cuisine, fidèle à sa vocation de nourrir, est devenue librairie d’Art, offrant ainsi les nourritures de l’esprit.

Les sols, bases de nos déplacements ou de nos ancrages, sont ceux de l’origine, anciens planchers ou mosaïques de «granito». Les escaliers et les moulures, soulignant notre aspiration à la verticalité et à l’élévation, sont restés. La chaleur de la maison que symbolisent les cheminées est bien là, toujours, son esprit qu’incarne le bénitier aussi… et un petit tableau, comme incrusté dans le mur, nous contemple encore, trace d’une sensibilité passée.

Fondation Villa Datris, 2018 ©Frank Couvreur

La villa, aujourd’hui

Aujourd’hui, les façades sont vives, joyeuses, colorées. Elles abritent de hautes et vastes pièces sobres dont la blancheur, simplement soulignée par le gris des plinthes et des fenêtres, nous ouvre au volume. La lumière y est belle et contribue, alliée à une subtile scénographie, à une mise en valeur muséale des sculptures exposées.

­­­­C’est aux pieds de cette demeure que l’on trouve aussi, sur la rive droite d’un petit bras de Sorgue, dans la verdure du jardin, installées parmi les arbres aux diverses essences, des sculptures puissantes et variées peuplant et rythmant les cheminements de chacun.

Valérie de Maulmin