PARCOURS THÉMATIQUE

ON RECONNAIT L’OISEAU À SON CHANT
Du plus loin où remonte l’histoire de l’art, l’animal dans sa singularité, sa proximité et sa beauté, a toujours été représenté par les artistes. À travers une prise de conscience amplifiée par la crise environnementale, cet animal, dans sa vulnérabilité nous est devenu précieux, objet de fascination récoltant les hommages.
C’est au sein de la plus ancienne tradition de bestiaires que Samuel Rousseau décide de s’inscrire, en réalisant une animation des fresques des grottes de Lascaux et du Pont d’Arc. César, Jean Tinguely, Richard Di Rosa et Keping Wang ont quant à eux choisi l’oiseau comme objet d’expérimentation, l’interprétant chacun dans son propre langage plastique.
Au-delà des recherches sur la forme, c’est parfois l’esprit animal et son imaginaire qui sont représentés comme ici avec l’installation Mononoké ou l’esprit des choses de Laurent Perbos, arbre peuplé d’esprits simiesques, surveillé par la Sentinelle aux aguets de Françoise Pétrovitch.

Samuel Rousseau, Paysage rupestre, 2018
Collection Fondation Villa Datris ©Franck Couvreur

CARTE BLANCHE À LAURENT PERBOS
Dans le cadre de la carte blanche qui lui est confiée, Laurent Perbos investit une partie de l’espace d’exposition et présente une volière singulière, fidèle à son esthétique empruntée des matériaux du quotidien. Son installation, espiègle et poétique, est composée d’une vingtaine d’œuvres issues de ses recherches autour de l’oiseau. À travers sa démarche, il nous interroge sur la charge évocatrice de cet animal dans notre imaginaire collectif, puissant symbole de majesté et de liberté.

Laurent Perbos, The Birds (détail), 2012
Courtesy Galerie Baudoin Lebon
Photo : ©Laurent Perbos

MIROIR AUX ALOUETTES
Peuplant notre imaginaire, les artistes évoquent l’animal dans notre culture populaire en représentant les mythes fondateurs, comme Evert Lindfors et sa série d’Arche de Noé ou Kate MccGwire et son serpent à plume rappelant le Quetzalcoatl. Telle un alter ego, la figure de l’animal est souvent utilisée pour incarner les comportements sociaux à l’instar de Mamady Seydi illustrant les anciens proverbes; comme une manière détournée de mieux parler des humains, Dionisis Kavallieratos évoque les oiseaux comme exemple de solidarité, quant à Terrence Musekiwa, il se sert du serpent comme allégorie de la situation politique du Zimbabwe.
Cette relation en miroir renvoie au sujet de la domestication et de l’étrange rapport que nous avons développé à l’égard de certaines espèces devenues nos animaux de compagnie ; Sébastien Gouju imagine une pieuvre vivant dans notre salle de bain, David Teboul explore les relations entre Sigmund Freud et son chien, quant à Antonio Gagliardi il repense l’habitat des animaux au prisme de l’urbanisation de masse.
D’autres artistes représentent l’animal pour revendiquer leur animalité, c’est notamment le cas dans des œuvres féministes ; Katia Bourdarel avec son œuvre explicite Je suis une louve, Rina Banerjee qui dénonce une société qui voit la femme comme un « singe décoré », Joana Vasconcelos et son Krishna issu de la série du bestiaire sauvage, emprisonné dans le tissage de la domesticité. Amélie Giacomini et Laura Sellies questionnent l’identité féminine, elles utilisent la conque et sa symbolique comme le refuge de la voix des femmes.

Kate MccGwire, Paradox II, 2019
Collection Fondation Villa Datris
Photo : ©JP Bland

Pascal Bernier, Accident de chasse – Renard, 2018
Collection Fondation Villa Datris
©ADAGP Paris, 2020 Photo : ©Eric de Ville

LES GROS POISSONS MANGENT LES PETITS
Investissant les enjeux actuels avec perspicacité, les artistes prennent également part aux débats concernant l’animal et dénoncent l’impact humain sur l’écosystème, nous invitant ainsi à revoir notre rapport au monde. Pascal Bernier nous met face à l’absurdité de notre industrie alimentaire avec l’œuvre Farm Set Piglets, ou à la violence de la pratique de la chasse à l’instar de Dimitri Tsykalov repensant le trophée. Harald Fernagu nous interpelle quant à lui sur le tourisme post-colonial et à son impact dramatique. Avec ses sculptures, Bordalo II construit des animaux en matériaux plastiques pour dénoncer les conséquences désastreuses de la mondialisation, tout comme Mark Dion créant des natures mortes figées dans le goudron. À travers son Conseil de révision, Céline Cléron nous invite à nous mesurer à ces animaux souvent considérés comme inférieurs.
Au-delà de la dénonciation, certains artistes amorcent des actes de réparation à mesure que les consciences s’éveillent et s’élèvent pour lutter pour la préservation des espèces, contre les impacts indirects de nos modes de vie. Le collectif Art Orienté Objet, à travers l’Albatros, essaie d’immortaliser cet animal grâce à l’électricité qui lui fut fatale. Dans la série des tambours apotropaïques, Marion Laval-Jeantet et Benjamin Mangin réalisent des objets à caractère sacrificiel pour un monde plus équitable. Ursula Palla quant à elle montre dans son installation Tausend à quel point la nature s’adapte et continue sa route, un acte de résilience, au sein du monde que nous créons.

Suite à l'annonce des nouvelles directives gouvernementales, l'Espace Monte-Cristo ferme ses portes ce jour et jusqu'à nouvel ordre

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