Pourquoi avions-nous choisi d’exposer uniquement des sculptrices ?

Tout simplement parce que cela est passionnant et nécessaire, que cela s’est imposé comme une évidence.
La réalité montre que les artistes femmes sont beaucoup moins exposées que les hommes et que la parité artistique est loin d’être une habitude dans les musées et lieux culturels…
Plus symboliquement, la Fondation Villa Datris souhaitait, à travers cette exposition, rendre un véritable hommage aux sculptrices et aux femmes.
Montrer leur tempérament pionnier, leur talent, leur spécificité, ce qu’elles ont apporté au monde de l’art. Leur donner une visibilité, une reconnaissance.

Pour la Fondation, tout cela s’intègre dans une démarche cohérente, une fidélité à certaines convictions qui sont aussi celles de la Fondation RAJA – Danièle Marcovici, créée en 2006, dont la mission première est d’apporter un soutien aux femmes à travers le monde et qui offrait cette année son parrainage à l’exposition.

Les artistes exposées ne revendiquaient non pas un art « au féminin » mais la sculpture par « les femmes ». On y est accueilli par la Blue Goddess de Niki de Saint Phalle, divinité égyptionne, protectrice de la fécondité féminine, baroque et mordante. Elle est le symbole de cette exposition-manifeste qui présente une vision très ouverte et éclectique, fantaisiste et sans concession, de la création en trois dimensions telle qu’elle est perçue et pratiquée par les femmes.

Les sculptrices et Danièle Kapel-Marcovici
©Tim Perceval

Cette année, l’exposition réunissait 70 artistes et plus de 100 œuvres, dont une vingtaine dans les jardins de la Villa Datris. Nous avions souhaité, comme chaque année, présenter une sélection de tous horizons. Il y avait ainsi des artistes reconnues ou émergentes, françaises ou internationale (voir Artistes).

On y découvrait des sculptures audacieuses ou radicales, fantaisistes ou conceptuelles, élaborées à partir des techniques les plus variées : du béton à l’acier, du tricot à la porcelaine, du caoutchouc au tissu, du carton au néon… À travers cette approche sans détour de la sculpture, on percevait l’identité et la sensibilité des femmes, dont les créations étaient profondémment incarnées dans le corps et l’esprit. Des œuvres entières, sans concession, émotionnelles ou cérébrales, troublantes ou rebelles – à l’image des femmes !

Avec Sculptrices, la Fondation souhaitait aussi marquer une nouvelle avancée autour de la création des femmes, amorcer une réflexion sur leur démarche, leur vision du monde et de l’art, à travers cette exposition qui se voulait avant tout joyeuse et accessible au plus grand nombre.

Car à la Fondation Villa Datris, il y a toujours cette idée de partage et d’échange. Le lieu n’est pas ressenti comme un musée, on le visite comme une maison, les visiteurs y reviennent, ils sont chez eux.
Et surtout, ils changent leur regard sur l’art contemporain. C’est un facteur de cohésion sociale, de réconciliation. Cela peut rendre le monde meilleur…

Danièle Kapel-Marcovici